GW ep.1 – Visite à Kamakura
Comme promis, nous avons profité de cette Golden Week pour visiter Kamakura lundi dernier.
Alors pour commencer un peu d’histoire : Kamakura, situé à une cinquantaine de km au Sud-Ouest de Tokyō, fut la capitale du Japon pendant un peu plus d’un siècle de 1192 a 1333. Cette prise d’importance à l’époque entraina la construction de dizaines de temples et de monuments qui sont aujourd’hui parmi les plus beaux du Japon.
Kamakura se trouve à environ une heure d’Ikebukuro avec la Shōnan Shinjuku Line, ce qui en fait une bonne destination pour un voyage d’une journée, cependant l’expérience montre qu’une journée permet difficilement de tout faire (à moins de courir).
Nous nous sommes donc levé tôt pour arriver sur place vers 10h30, sous un soleil magnifique. Il est préférable de s’arrêter à Kita-Kamakura, soit une station précédent Kamakura car on s’arrête alors en face de deux temples d’importance et on peut rejoindre les autres sites en marchant un peu. Nous avons donc commencé notre visite par l’Engaku-Ji, situé jusque à coté de la sortie de la gare de Kita-Kamakura. la construction de ce temple Zen fut ordonnée par Hōjō Tokimune, à la fin du 13ème siècle, suite à la tentative d’invasion manquée du Japon par les Mongols, tant pour faire honneurs aux guerriers tombés au combat que pour remercier les prêtres Zen qui ont soutenu Tokimune dans cette épreuve.
Comme souvent au Japon avec ses constructions en bois, l’ensemble du temple fut détruit et brulé plusieurs fois depuis sa création, la plupart des bâtiments ici ont donc été reconstruits entre le XVIIIè et le XXè siècle. Cependant l’endroit dégage une impression de paix et de magnificence que je n’avais pas encore rencontré au Japon, la végétation est ici abondante et le visiteur ressent réellement le poids de l’âge de ce qui l’entoure, on est très loin du coté un peu “Disneyland” ressenti à Asakusa à Tokyō.
L’Engaku-Ji a aussi pour particularité d’abriter diverses reliques et objets anciens : outre la tombe de son fondateur, on y trouve la tombe de 5 messagers Mongols venus demander au Japon de se soumettre, et qui pour toute réponse furent décapités. On y trouve une relique reconnue comme étant une des dents sacrées de Bouddha, et enfin Ohgane, la cloche du temple, offerte en 1301 : ces deux derniers objets sont reconnus comme Trésors Nationaux du Japon.
On accède à la cloche, en montant d’interminables escaliers à droite de l’entrée. En haut se trouve une petite maison de thé, pour se reposer des escaliers et apprécier la vue sur la campagne environnante :
Le temple recèle aussi bien d’autres merveilles, que je vous invite à découvrir par vous même, sous peine de rendre cet article indigeste
Après la visite de ce temples, le voyageur aura 2 choix:
- Se diriger vers le Kencho-ji, autre temple d’importance, et par la même se rapprocher du centre de Kamakura
- Ou traverser la voie de chemin de fer pour se rendre au Jōchi-ji, tout aussi intéressant, et enchainer sur un sentier de randonnée, jalonné de nombreux temples, et rejoignant la ville de Kamakura en passant par la forêt (comptez une heure de marche, plus le temps de s’arrêter dans les temples)
Pour notre part nous sommes parti vers le Kencho-ji car l’heure tournait et nous souhaitions manger dans le centre ville. Après une dizaine de minutes de marche le long de la route menant à la ville nous sommes donc arrivé au Kencho-Ji. Ce dernier, plus important des temples Zen de Kamakura, fut construit sur ordre de l’Empereur et terminé en 1253. Son fondateur était un grand maître chinois du Zen, Lan-hsi Tao-Lung (en japonais Rankei Doryu). Comprenant à l’origine 7 bâtiments principaux et 49 temples, il a été grandement endommagé par les incendies jusqu’à sa restauration au XVIè et XVIIè siècle, néanmoins seul une vingtaine des bâtiments originaux subsistent aujourd’hui.
Moins perdu dans la nature que l’Enkaku-ji ce temple n’en est pas moins intéressant avec son impressionnante porte (San-mon), son hall du Dharma (Hatto) qui est la plus grande structure Bouddhiste en bois du Japon, et son très joli temple principal (Hojo), qui est en fait un structure démontée planche par planche de Kyōto et ramenée ici.
Une Lili se cache sur la photo ci-dessus, saurez-vous la retrouver?
A noter que l’on peut parcourir les terrasses du Hojo, sans chaussures, et ainsi admirer le petit jardin zen, dessiné par Rankei Doryu il y a plus de 800 ans.
Suite à cette visite nous nous sommes dirigé vers le centre ville de Kamakura pour aller manger des Zaru Soba (nouilles de sarrasin froides), un plat idéal par cette chaleur. Le restaurant était recommandé comme le meilleur restaurant du genre du Kantō dans un guide, et en effet il y a avait une belle file d’attente de japonais devant nous. Heureusement, pour patienter on peut observer la fabrication des nouilles de soba (blé noir) en direct! Nous avons finalement pu manger et le résultât était à la hauteur de l’attente : délicieux!
Après ce petit repas nous nous somme dirigé vers la gare afin de prendre le petit train local qui nous amène de l’autre coté de la ville, où se situent les autres temples et l’attraction principale de Kamakura, le Grand Bouddha (en fait le point d’arrivée de la randonnée citée plus haut). Ce grand Bouddha (Daibutsu), Trésor National du Japon, est une statue de bronze dont la construction commença en 1252 pour s’achever une dizaine d’année plus tard. A l’origine abrité au sein d’un temple, ce dernier fut détruit au XIVè siècle par un ouragan. Mesurant plus de 13m il est vraiment impressionnant:
Nous avons donc pris le temps de prendre quelques photos, ce qui vu le monde présent, n’était pas évident.
Suite à cette visite, après avoir un temps songé à faire la randonnée en sens inverse, nous avons finalement décidé d’aller faire un tour sur la plage de Kamakura, en effet la plupart des temples ferment à 17h ce qui réduit grandement l’intérêt du parcours de randonnée. En se dirigeant vers le front de mer on ne peut s’empêcher de faire un parallèle entre Kamakura et nos stations balnéaires françaises, les échoppes de glaces, les terrasses et les boutiques de tongs et de bijoux fantaisies ne dénatureraient pas à Benodet ou Carnac… Cependant la plage est malheureusement très moche, de même que la promenade en front de mer.
Les japonais ayant peu de vacances et quasiment pas de tourisme balnéaire (en tout cas pas dans cette région), je suppose que rien ne les aura poussé à embellir la cote, mais force est de constater que c’est assez dépressif… Dommage.
Chose amusante cependant, des dizaines de surfeurs étaient dans l’eau, à attendre des vagues qui aujourd’hui ne semblaient guère décidées.
Après ce petit passage nous avons repris le train bondé pour rentrer chez nous, les pieds en compote. Nous n’avons vu que la moitié de ce Kamakura a à offrir, aussi nous reviendrons plus tard, peut-être à l’automne. Par contre Golden Week est clairement une période à éviter pour ce genre de visite, car tout est quand même très plein : circulation énorme, trains bondés, temples remplis de touristes, il est possible de profiter de conditions nettement meilleures en évitant cette période, ce que je saurais trop conseiller.
Une belle journée cependant, qui, comme vous le verrez bientôt, n’aura pas été la seule cette semaine!


















Encore un très bel article, complet et bien illustré, ça donne envie, les jardins sont vraiment magnifiques et les bâtiments très impressionnants !
Sinon, pour la plus grande structure en bois du Japon, j’avais vu quelque part qu’il s’agissait du Daibutsuden du Todai-ji à Nara (qu’ils considéraient aussi comme la plus grande structure en bois du monde), mais je suis pas allé vérifier si c’était vrai ^^
Bref, j’ai bien fait de lire ça à 11h moi, ce repas m’a ouvert l’appétit ! ^^
Pour la plage faut que tu pousses 4-5km plus a l’ouest, de l’autre cote de Enoshima… Ca devient un peu mieux quand meme.
Je ne suis pas fan de l’architecture, mais par contre les jardins sont superbes
Bah en fait force est de constater que, passé la découverte, l’architecture est assez répétitive en fait. Au final rien ne ressemble plus à un temple Zen qu’un autre temple Zen… Par contre les jardins sont effet magnifiques, et l’ambiance générale est vraiment agréable, notamment dans le premier des temple qui est littéralement sous les arbres.
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